Hashim Thaçi, ancien président du Kosovo, a été condamné à 25 ans de prison pour avoir commis des crimes de guerre pendant la guerre d'indépendance de son pays contre la Serbie. Ce jugement a été rendu par un tribunal soutenu par l'Union européenne aux Pays-Bas. Thaçi, qui a été condamné à l'âge de 58 ans, a démissionné de son poste il y a six ans pour faire face à ces accusations.
Condamnation et détails des accusations
Thaçi est accusé de quatre chefs d'accusation de crimes de guerre, y compris meurtre, torture, traitements inhumains et détentions arbitraires. Il a été jugé avec trois autres dirigeants de l'Armée de libération du Kosovo qui ont combattu contre les forces serbes pendant la guerre de 1998-1999. Ces personnes sont considérées comme des héros nationaux dans leur pays.
Lors de l'audience, Thaçi, vêtu d'un costume, est resté silencieux pendant la lecture du jugement par le juge, Charles Smith. Les procureurs ont demandé la peine maximale de 45 ans de prison pour Thaçi et les autres accusés. Thaçi et ses collègues ont nié toutes les accusations.
Réactions et conséquences
Des milliers de personnes se sont rassemblées dans la capitale du Kosovo, Pristina, pour soutenir les quatre accusés. Les manifestants, brandissant des drapeaux rouges et noirs albanais, se sont rassemblés sur la place centrale de la ville. Des images de ces quatre anciens combattants de l'Armée de libération du Kosovo ont été affichées sur les murs de la ville, et une grande horloge numérique était en train de faire un compte à rebours vers l'annonce du jugement.
À la fin de son procès en février 2023, Thaçi a déclaré aux juges : "Tout au long de ma vie, j'ai été aux côtés du peuple du Kosovo pour défendre la liberté, la vie et la dignité. J'ai toujours été influencé par les idées de démocratie, d'égalité et de justice occidentales."
Selon les déclarations des procureurs, ces accusés ont attaqué des opposants politiques et des civils qui étaient considérés comme des collaborateurs et des traîtres pendant leur service dans l'Armée de libération du Kosovo. Le personnel du tribunal soutenu par l'Union européenne est principalement international en raison de préoccupations concernant la sécurité et la sûreté des témoins.
Thaçi fait également face à un procès séparé pour menaces envers des témoins, qui commencera à la fin de ce mois. En tant que leader politique ayant participé aux négociations de paix de 1999 en France, il a reçu un soutien considérable de la part des dirigeants occidentaux et était considéré comme quelqu'un qui pourrait conduire son pays vers l'indépendance.
Plus de 13 000 personnes ont perdu la vie pendant la guerre du Kosovo, dont la plupart étaient d'origine albanaise. L'opération aérienne de 78 jours de l'OTAN contre les forces serbes a mis fin à ce conflit. Environ un million d'Albanais du Kosovo ont été déplacés de leurs foyers.
En 2008, le Kosovo a déclaré son indépendance de la Serbie, un acte que Belgrade ne reconnaît pas. Les relations entre le Kosovo et la Serbie restent tendues et demeurent non résolues malgré des années de négociations soutenues par l'Union européenne et les États-Unis.
Source: independent.co.uk



